Quelques plantes magiques
Circé dans l’Odyssée d’Homère. Circé y est décrite comme une magicienne dotée de pouvoirs fabuleux. Vivant exhilée sur l’île d’Aéa et ne souhaitant plus croiser un seul humain, elle métamorphose ceux qui ont l’audace de pénétrer sur son territoire. Ainsi, lorsqu’Ulysse et son équipage accostent sur le rivage d’Aéa, elle transforme presque tout l’équipage en pourceaux. Ulysse échappera à cet envoûtement et restera une année auprès de Circé.

Circé, la magicienne
Pathos
subtile et envoûtante, avec cette grande connaissance de l’art de la pharmaka. Elle maîtrise parfaitement les pouvoirs de toutes ces plantes magiques et ne néglige ni leur culture, ni leur récolte. L’acte même de la cueillette exige des rituels précis où rien n’est laissé au hasard.
Et si elle apparaît au tout début comme un obstacle lors du retour d’Ulysse en Ithaque, elle lui permet cependant d’accepter sa place en tant que simple mortel. Il restera auprès d’elle toute une année. Généreuse, Circé aidera Ulysse à reprendre sa route après qu’il a séjourné un an auprès d’elle.
Parler de plantes magiques,
c’est souvent faire appel à un imaginaire collectif où bouillonnent les élixirs et où des vapeurs souffrées s’échappent de fioles en verre, où druides et autres pythies marmonnent des incantations. J’ai décidé d’en prendre le contre-pied et de redonner ses lettres de noblesse à ceJe vous invite à flâner,
au travers des allées d’un jardin de Circé revisité en parcourant cette installation textile.
De l’Herbe aux anges, en passant par le Molly, le Gui ou la Belladone, j’ai volontairement brouillé les cartes. Certains pouvoirs sont effectifs, d’autres... pure invention. Et si quelques plantes hallucinogènes sont rangées dans les officines des pharmaciens, d’autres,
comme le Pavot ou la Mandragore ont rejoint la clandestinité.
Dans cette installation, j’ai choisi de mettre en scène les fleurs, suspendues au bout de fil de soie, sortant du cadre convenu, dans une fragilité qui masque la puissance de leurs pouvoirs.tte grande herboriste.
De ces œuvres textiles,
j’en saisis la trace et naissent des dessins épurés. J’ai préféré l’aiguille comme crayon et l’organdi comme feuille, recréant ainsi un herbier imaginaire.
Ces esquisses viennent également nourrir mon travail de graveuse, dans un réel souci de cohérence plastique.





